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MERC Call for Proposals


Research Awards Competition

Call for Proposals

December 2011

MERC is pleased to announce the 11th round of research awards and invites proposals from qualified
researchers. Deadline for receiving proposals in their final format is 15 November 2011. While open to all
research ideas and topics, the program encourages proposals that apply rigorous social science methodologies
and theories particularly in the following areas:

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Compte rendu de la première réunion PDF تصدير لهيئة طباعة ارسال لصديق

COMPTE-RENDU

 

Document n°2 

 

Réunion du groupe d’initiative : Repenser la diaspora intellectuelle

Pour un nouveau rôle des  expatriés de la connaissance

 

(les chercheurs en  SHS)

 

Date : le 10 novembre 2008

 

Lieu : Université de Paris Nord- Laboratoire de « Lexiques, dictionnaires, informatique », UMR7187

Personnes présentes ( par ordre alphabétique) :

BEN HAFAIEDH Abdelwahab (MERC)

BERRIANE Yasmine ( IEP de Paris- CEVIPOF)

EL AMDOUNI Sonia (LISE-CNAM-Paris)

LATRECHE Abdelkader (Institut National des Statistiques .Qatar)

LOUHICHI Khaled (Population Policy and Migration Department - League of Arab States- Cairo)

MASSOUSSI Taoufik (Laboratoire Lexiques, Dictionnaires, Informatique- Villetaneuse)

MEJRI Salah ( Université Paris 13, Laboratoire Lexiques, Dictionnaires, Informatique)

NACHI Mohamed ( Université de Liège, Institut des sciences humaines et sociales-Belgique)

SFAR Inès (Université de Tunis)

P.E :

Ali El Kenz ( Université de Nantes- France)

Hocine Zeghbib (Université de Montpellier- France)

Majda Mrah ( Bureau International de Travail- Genève- Suisse).

Nawal Mahrough (Université de Strasbourg- France).

 

Rapporteuse : BERRIANE Yasmine

 

 

 

1- Intervention d’A.Ben Hafaiedh : Contextualisation du lancement de l’initiative

A. Ben Hafaiedh a introduit la réunion par une présentation du contexte dans lequel l’initiative a été mise en place. Dans un premier temps, il a présenté le MERC en mettant l’accent sur les deux grandes étapes de son évolution :

  • Phase 1 (1986 à 1996) : création d’une première structure par la Fondation Ford - phase test de mise en place de la structure et développement de ses champs d’intervention dans le domaine des bourses et les rencontres scientifiques.
  • Phase 2 ( depuis 1996) : développement institutionnel du programme et passage de la compétition à la mise en réseau avec un volet d’activité plus orienté vers l’information scientifique, la publication  et la formation.

Depuis 2006, une réorganisation du programme est en cours. Alors que pendant la première phase du Merc l’accent était avant tout mis sur la compétition et sur l’octroi de bourses, cette nouvelle phase intègre un certain nombre d’innovations :

1-     La mise en place d’une instance consultative : l’Advisory Board qui réfléchit aux manières de faire évoluer le programme. C’est d’ailleurs au sein de cette structure que la réflexion préliminaire autour de la création du projet de réseau/forum s’est faite.

2-     Un système d’information (website mercprogam, base de donnée al-manhal avec une  base interne).

3-     La reformulation des priorités de recherche (les axes prioritaires étant dorénavant : le développement et le changement social, l’intérêt public, éducation et connaissance et enfin l’environnement)

4-     Le networking : La mise en réseau par l’intégration des pays de l’IMA (la Mauritanie et la Libye étant encore peu présentes au sein du MERC), des pays du Golf, et du Machrek et enfin des chercheurs en mobilité internationale ( Amérique du Nord et pays de l’Union Européenne). 

En terme de Networking un certain nombre d’initiatives et de programmes ont déjà été lancés :

  • GREATi  (Gulf initiative for Research and Training)
  • National Research System in Social Sciences in Sudan (afin de pallier au retrait des financement internationaux dans la région)
  • Al-Manhal qui représente un réseau virtuel
  • Les écoles d’été méditerranéennes (2 éditions aux résultats encourageants ont déjà vu le jour en partenariat avec l’université italienne de Sassari ).

A l’initiative de MERC , du laboratoire de la linguistique informatisée ( Université de Paris Nord) et de la division de la population de la ligue arabe ,une réunion a eu lieu en décembre 2000  afin de réfléchir sur la mise en place d’un réseau de chercheurs euro-arabes favorisant un rôle plus actifs des chercheurs expatriés ou en mobilité. Je viens d’apprendre qu’un programme dénommé Averroès venait de se mettre en place.

A ce niveau de la mise en réseau, un grand manque restait à gagner au niveau de la présence et de la participation des  intellectuels et chercheurs vivant en dehors de la région. De point de vue du développement futur du programme MERC, la création d’un réseau/forum de chercheurs arabes expatriés répond à une triple nécessité : l’intégration professionnelle et le partenariat, la contribution à améliorer la qualité de la recherche arabe et  l’apport méthodologique et théorique de cette catégorie des chercheurs expatriés et dont seulement 20% d’entre eux rentrent à leur pays d’origine. Afin de lancer et de structurer le débat, A.Ben Hafaiedh propose de s’en tenir aux cinq questions essentielles suivantes :

  • POURQUOI ? Quels objectifs donner à cette initiative ?
  • COMMENT ? Quelle forme donner à cette initiative ? Un « réseau » ou une « association » ?
  • QUOI ? Comment nommer la population cible ? « Diaspora » ou « compétences expatriées » ?
  • QUI ? Quels partenaires potentiels ?
  • QUAND ? Quel agenda pour le groupe de réflexion ?

Avant de lancer la discussion autour de ces questions, un tour de table a permis à chaque participant de se présenter rapidement (cf. la liste des participants en début de document).

2- Réactions des personnes présentes à ces différents points :

2.1- Intervention de A. LATRECHE

Lors de son intervention A.Latreche commence par insister sur la nécessité de penser cette initiative comme une construction qui se fera par le bas. Au lieu de vouloir créer un lien vers le pays d’origine en l’imposant institutionnellement par le haut, ce lien se construira par les personnes et les organisations directement concernées.  

En termes d’appellation A.Latreche privilégie celle de « forum » qui donnerait plus de sens, à son avis, à cette initiative. Il ajoute toutefois un peu plus tard qu’on pourrait aussi l’appeler cercle, réseau ou forum de chercheurs s’intéressant aux questions qui concernent les pays arabes. Il précise qu’il faudra encore en discuter.

Pour lui, l’idée centrale de cette initiative se base sur le fait qu’un grand nombre de chercheurs en sciences sociales expatriés, vivant dans un ensemble de pays (principalement en France), travaillent sur leur pays d’origine. D’ailleurs, depuis 1979, 10 mille thèses écrites par des auteurs au nom arabe ont été répertoriées en France. L’université française est d’ailleurs un vrai vivier de formation pour jeunes chercheurs. Or, travailler sur le pays d’origine est une forme d’engagement qui exprime un intérêt certain pour le pays d’origine. Mais alors pourquoi est-ce que cette forme d’engagement s’arrête t-elle après la soutenance de la thèse ?

L’objectif principal devrait être le renouvellement des jeunes chercheurs dans les pays arabes par la mise en relation de l’ensemble des chercheurs arabes. Il existe beaucoup de jeunes chercheurs issus de ce phénomène d’expatriation, mais ils restent encore pour la plupart anonymes. Cela permettra d’impulser un souffle nouveau à la recherche arabe en sciences sociales. D’autant plus que les chercheurs maghrébins en France, contrairement à leurs compatriotes restés dans le pays d’origine, se limitent rarement à l’étude de leur pays d’origine. Ils favorisent souvent des perspectives plus larges et donc plus riches qui ne sont pas limitées dans l’espace.

Par ailleurs, lorsque l’on parle de migration maghrébine (généralement perçue comme quelque chose de négatif) on a tendance à occulter les nouvelles tendances qui sont celles de la migration de chercheurs. Il faut donc aussi prendre en considération cette forme de migration et ses nombreux apports.

L’intégration au réseau se fera de manière libre par les personnes intéressées. Il s’agira avant tout d’un canal d’expression et non pas d’un canal de révolte ou d’opposition contre les anciens. Il faudrait que ce soit un lieu apaisé et non pas un lieu de conflits entre différentes appartenances régionales.

A.Latreche termine son intervention en revenant à son idée de départ : le forum devra être une construction par le bas au sein de laquelle les chercheurs s’organiseront entre eux sans rapport avec les gouvernements et les ministères locaux et sans engagement envers telle ou telle institution. L’autonomie de la recherche est primordiale et doit être préservée.

2.2- Intervention de M.NACHI

M.Nachi commence par préciser qu’il trouve qu’il s’agit là d’une belle initiative qui répond à un problème très concret des chercheurs arabes qui ont des difficultés à trouver un espace leur permettant d’échanger et de converger. Un espace où il serait possible de créer une dynamique de recherche et de discussion.

Pour M.Nachi, l’initiative devrait répondre à trois objectifs principaux. i) En premier lieu, il s’agit de la création d’un lien, d’un réseau, entre différents chercheurs situés dans différents pays. ii) Deuxièmement, la promotion de publications et de traductions afin de donner une impulsion nécessaire à la recherche dans le monde arabe qui souffre de nombreuses lacunes. iii) Enfin, cette initiative devrait permettre de faciliter l’accueil de chercheurs se rendant dans les pays qui font l’objet de leur recherche. Une telle initiative devrait en effet permettre de faciliter la prise de contacts et l’accueil sur place; comme c’est par exemple le cas lorsque de jeunes chercheurs et doctorants se rendent sur leur terrain d’étude.

En ce qui concerne l’appellation, M.Nachi préfère celle de « association » car elle lui semble plus concrète et plus saisissable et ce tout particulièrement d’un point de vue légal.

Il propose également de s’intéresser aux attentes même des jeunes chercheurs concernés et de leur demander directement comment ils voient la chose afin de mieux adapter le réseau à leurs besoins.

Il a ensuite abordé la question des partenaires potentiels en insistant sur l’importance des coopérations scientifiques avec des institutions scientifiques en Europe mais aussi avec des partenaires maghrébins et l’encouragement de thèses dirigées en co-tutelle.

En termes d’agenda, M.Nachi propose de ne pas laisser traîner les choses et d’avancer concrètement, le plus tôt possible, avec l’organisation de rencontres afin de pouvoir, dans un second temps, solliciter l’avis des jeunes chercheurs et doctorants de la région pour mieux respecter leurs attentes et besoins.

2.3- Intervention de S.MEJRI

S.Mejri commence son intervention en précisant qu’il apprécie la qualité de la démarche du MERC parce qu’il s’agit d’un travail structurel. Or, à son avis, cet aspect est essentiel au bon fonctionnement et à la réussite d’un projet.

Afin de pouvoir se donner des objectifs clairs, il faudrait commencer par définir un objectif central duquel découleront, par la suite, les autres objectifs. D’après S.Mejri et afin d’insuffler une nouvelle dynamique à la recherche arabe, il faudrait essentiellement se concentrer sur la question suivante : comment atteler ou amarrer la recherche en sciences humaines et sociales des pays arabes à la recherche internationale ?

Il insiste sur le fait que les difficultés que rencontre la recherche dans les pays arabe n’est pas liée à un manque d’argent. Les moyens financiers ne manquent pas, que ce soit au niveau national ou international. Ce n’est pas non plus un problème de ressources humaines. C’est avant tout un problème structurel: il y a un manque de structures de recherche dans les pays arabes. Ainsi, il faudrait essentiellement se concentrer sur la création de liens solides entre la recherche dans les pays arabes et la recherche internationale. Ceci ne peut se faire qu’à travers des structures. Or, la recherche à l’étranger étant structurée, tous les chercheurs de la diaspora sont intégrés dans des équipes de recherche et peuvent donc contribuer à dynamiser la recherche dans leur pays d’origine.

Après avoir dressé un rapide tableau de la recherche dans la région  qui souffre d’énormément de lacunes, S.Mejri propose de se concentrer sur les axes suivants qui permettront de réaliser l’objectif central qu’il vient de décrire.

1-     Un axe méthodologique : apprendre aux collègues restés sur place par exemple comment structurer les laboratoires de recherche ou encore comment construire des problématiques  

2-     Un axe dédié à la formation : former les chercheurs arabes restés dans les pays d’origine à monter des projets, à gérer la recherche, comment exposer des résultats, comment rédiger une thèse…

3-     Un axe dédié à l’organisation de rencontres scientifiques

a.      Par la création d’une base de données thématique en privilégiant des approches transversales.

b.      Par l’organisation d’écoles doctorales, de séminaires et de conférences

c.      En insistant surtout sur l’outil informatique

4-     La traduction d’ouvrages

Par ailleurs S.Mejri met à la disposition de l’initiative ses deux laboratoires de recherche (en France et en Tunisie). Il propose également d’envisager la sortie d’un numéro spécial dédié à cette initiative dans la revue Synergies en sciences humaines et sociales. Cela permettra de donner une reconnaissance et une visibilité internationale aux chercheurs maghrébins.

S.Mejri insiste beaucoup sur l’importance des structures sachant que ces dernières restent alors que les individus passent. Par ailleurs, en impliquant des structures préexistantes on peut toucher à un maximum de personnes. En termes d’appellation il préfère l’utilisation de « réseau ». Contrairement à la « l’association » qui évoque une certaine rigidité, le « réseau » renvoie à une structure plus souple, plus flexible et plus dynamique qui va avec l’esprit du temps. Contrairement à l’association, les personnes y ont moins l’impression d’être pris au piège. Cela est d’autant plus important qu’il est essentiel de préserver l’autonomie et la liberté des chercheurs. Il y a déjà eu beaucoup de tentatives de mise en réseau mais elles ont généralement échoué par excès de codification et de rigidité.

 

Par ailleurs, le fait de travailler ensemble en réseau pendant 1 ou 2 ans agira comme une sorte de filtre qui permettra de trier parmi les participants qui croient vraiment en l’initiative et veulent s’engager activement et ceux qui ne font que s’y greffer. Appréhendé comme une série d’actions et d’activités (publications, répondre à des appels d’offres etc.), le réseau permettra petit à petit, la formation d’un noyau dur.

S.Mejri préfère éviter l’appellation « forum » qui reste de l’ordre du virtuel, il s’agit en fait d’une appellation  fortement connotée. Les forums sont nés avec l’internet où les gens peuvent se rencontrer pour discuter. Ainsi, les forums sont très difficiles à gérer, les discussions vont dans tous les sens et il est difficile de modérer et de contrôler les interventions. Contrairement au forum trop ouvert et virtuel, le réseau nécessite un mot de passe et un engagement à respecter et donc une déontologie précise. Le réseau n’est pas que virtuel, le renouvellement de l’adhésion s’y fait régulièrement (tous les deux ans par exemple) et il nécessite la rédaction d’une Charte relevant de la déontologie de la recherche.

Afin d’encourager et de motiver les membres du réseau à s’engager dans cette initiative, il faudra leur offrir un certain nombre d’avantages. Les privilégier, par exemple, lors de l’octroi de bourses ou encore lors de sélection pour des colloques et conférences.

Pour finir S.Mejri ajoute un certain nombre d’idée et de propositions : comme la mise en place d’une base de données ou encore d’une revue virtuelle. Ceci devrait contribuer à créer une dynamique d’échange.

3- Débat :

Voici les grandes thématiques débattues à la suite de ces premières interventions.

Quelle appellation ?

A.Latreche commence par préciser que, conservant l’appellation à choisir, il existe de multiples formes possibles de part le monde et qu’il faudra encore en discuter. S.Mejri précise alors que le terme « réseau » offre un avantage additionnel qui est celui d’être consacré dans la recherche internationale.

Structure versus individus

A.Latreche revient sur la question de l’implication des structures qui a été abordée par S.Mejri pendant son intervention. Il insiste sur le fait qu’il est important de ne pas laisser de côté la dimension personnelle de l’engagement. C’est avant tout la personne qui va apporter l’institution ou la structure dans le réseau. Ce n’est qu’à travers l’individu qu’on rend possible la coopération institutionnelle. S.Mejri approuve mais en insistant sur le fait qu’il faut garder en tête la priorité structurelle. A.Latreche répond que l’ensemble des personnes concernées n’ont pas toujours la capacité administrative d’amener avec elles la structure à laquelle elles sont rattachées. Evidemment, si chaque membre peut ramener avec lui son institution alors c’est parfait, idéal même, mais l’engagement reste en premier lieu personnel.

Objectifs et rapport aux gouvernements locaux

A.Latreche insiste sur l’importance de ne pas entrer dans le champ de travail des ministères de l’enseignement des pays concernés. La « chose » (pour ne pas encore nommer l’initiative) ne devrait pas se donner comme objectif de remplacer le travail des ministères de l’enseignement. C’est d’autant plus important qu’il faut tâcher de placer la barre à un niveau réalisable. D’ailleurs, le statut de cette initiative devra être formulé d’une manière à se donner des objectifs tout en restant suffisamment vague pour ne pas en faire une feuille de route trop rigide.

Eviter de créer une structure sans consistance

S.Mejri précise qu’il faut arriver à intéresser les chercheurs expatriés qui sont, dans l’ensemble, assez réticents quand il s’agit de travailler avec les chercheurs des pays arabes à cause des problèmes que cela impliquerait généralement. Il faut à la fois réussir à leur offrir des avantages tout en ayant une structure dynamique qui n’est pas vide de consistance. Il faudrait envisager l’implication de « poids lourds » de la recherche pour rendre la chose plus intéressante et attirante.

4- Interventions des autres participants à la réunion:

4.1- Intervention de Y. BERRIANE

Lors de son intervention, Y.Berriane part de son expérience personnelle de doctorante qui, arrivée au Maroc pour effectuer son travail de terrain, a bénéficié de l’accueil d’une structure universitaire locale. Ceci a donné lieu à la création d’un groupe de recherche qui est majoritairement composé de doctorants marocains vivant, pour certains, au Maroc et, pour d’autres, à l’étranger. Ce groupe de recherche thématique (GREGaM) créé en 2006 fonctionne toujours et permet l’échange entre doctorants, l’organisation de rencontres et la réflexion autour de projets de recherche communs. Y.Berriane en tire quelques conclusions qui lui semblent intéressantes pour l’initiative :

i- Ce groupe de recherche fonctionne avant tout sur la base de l’échange dans les deux sens. Or c’est un point qui  a été peu abordé pendant la discussion. Au lieu de se limiter à réfléchir à ce que les chercheurs expatriés peuvent apporter à leurs confrères vivant dans les pays arabes, elle propose d’envisager également ce que ces derniers peuvent apporter aux chercheurs expatriés (en termes d’accueil mais aussi en termes d’échange de savoir et de compétences). En ce sens, il lui semble plus pertinent de choisir la dénomination de « réseau » qui est une forme non seulement plus flexible mais qui permet également de regrouper des chercheurs et des structures à la fois des pays d’expatriation et des pays d’origine.

ii- Le GREGaM est né de l’initiative d’un groupe de doctorants sans recevoir de directives de chercheurs confirmés. Ceci a permis de donner au groupe une certaine autonomie, flexibilité et une dynamique particulière qui implique tous ses membres et qui ne s’encombre pas de blocages hiérarchiques. Peut-être qu’il faudrait garder en tête cela pour réfléchir à une structure très souple qui donne aussi une place à l’initiative de groupes de jeunes chercheurs.

iii- Le groupe s’est doté d’un blog pour faciliter l’échange entre ses membres et pour créer un lien entre eux. Ainsi, il lui semble qu’il faudrait rapidement penser à une forme d’interface électronique (un blog ou un site) qui puisse représenter l’initiative et rassembler tous les membres du réseau.

iv- Enfin, il existe des structures et programmes locaux sur lesquels le réseau gagnerait à venir se greffer. Il s’agirait par exemple du programme FINCOME qui a été lancé il y a quelques années au Maroc et qui se donne comme objectif de faire contribuer les cadres marocains résidant à l’étranger au processus de développement du pays. Peut-être qu’un tel programme a mis en place une base de données répertoriant les chercheurs marocains expatriés ? Existe t-il d’autres programmes semblables dans le monde arabe ? Peut-être faudrait-il essayer d’en faire un inventaire ?

S.Mejri intervient alors pour revenir sur la question de l’échange entre chercheurs expatriés et ceux qui vivent dans les pays arabes. Il précise que c’est tout à fait dans cette optique qu’il se positionne sachant qu’il est lui-même les deux choses à la fois (rattaché à la fois à une structure française et tunisienne). Il faut penser en termes de partenariats, de complémentarité et surtout de développement durable.

4.2- Intervention de I. SFAR

I.SFAR revient sur les énormes avantages liés à l’intégration dans des réseaux internationaux et à la participation à des rencontres scientifiques. Elle a ainsi eu l’occasion d’assister à plusieurs rencontres doctorales et à diverses conférences de par le monde et a beaucoup appris des échanges qui y ont eu lieu. Cela lui a enfin permis de publier plusieurs articles dans des revues internationales.

4.3- Intervention de S.ELAMDOUNI

S.El Amdouni part également de son expérience personnelle. Lorsqu’elle est arrivée en Tunisie, il y a quelques années, pour effectuer son travail de terrain, elle ne connaissait pas les professeurs et sociologues sur place. Elle ne savait pas chez qui aller. Elle a également rencontré d’importantes difficultés au début sur le terrain, ne sachant pas à quelle porte frapper. L’initiative qui est prévue pourrait aider à remédier à ce genre de problèmes.

Elle propose de réfléchir surtout en termes d’échange autour d’un projet de recherche précis. Un tel travail représenterait un facteur fédérateur pouvant renforcer les liens entre chercheurs.

Par ailleurs, elle propose d’orienter le travail vers des problématiques précises et pour cela de réfléchir au préalable aux thématiques sur lesquelles il est particulièrement intéressant de travailler actuellement.

5- Intervention de Kh. LOUHICHI

A.Ben Hafaiedh fait un résumé rapide des plus grandes conclusions sorties du débat qui vient de se dérouler :

1- Le consensus autour de la réalisation d’objectifs pratiques et opérationnels (formation, gestion de la recherche, publication etc.)

2- Le dilemme autour de l’appellation : association, réseau, forum mais avec un net penchant pour « réseau ». Il termine son introduction en présentant les questions de bases qui avaient été posées au début de la discussion (pourquoi ? comment ? quoi ? qui ? quand ?)

Pendant son intervention, Kh.Louhichi insiste sur deux points essentiels qu’il regroupe en une question : Comment être opérationnels tout en prenant en considération la représentativité ?

Représentativité

Comment identifier et appeler la population cible de cette initiative ? Dans les projets de la Ligue c’est le terme « Compétences arabes et d’origine arabe » qui est employé. Cette terminologie permet d’englober la totalité de la population concernée dans les pays visés. Soit à la fois la population qui porte la nationalité d’un pays arabe et celle qui porte une autre nationalité mais qui est intéressée par le développement de son pays arabe d’origine.

Ce terme peut évidemment poser problème dans certains cas sachant que certaines populations n’aiment pas se voir appelée « arabe ». C’est par exemple le cas des populations berbères. Néanmoins, en règle générale, ces derniers se voient tout de même comme appartenant à la région arabe.

Il est également essentiel de prendre en considération la forte diversité de la population cible et sa large répartition dans l’espace. Il s’agit de chercheurs vivant en Europe, aux Etats-Unis mais également en Amérique latine. D’ailleurs, les chercheurs d’origine arabe y vivant sont très intéressés par une coopération avec leur pays d’origine. D’une manière générale, l’appellation « réseau » semble beaucoup plus réaliste pour coordonner une population aussi hétérogènes.

Devenir rapidement opérationnel

Kh.Louhichi propose de procéder par étapes. Il faut commencer par se concentrer sur des tâches pratiques car la population visée n’est pas encore vraiment là. Or c’est à elle d’adopter la forme définitive que prendra le réseau. Évidemment, il est important de réfléchir aux idées et aux objectifs mais finalement l’adoption finale de la forme ne se fera que dans un deuxième temps. Ainsi, il conseille de ne pas perdre trop de temps à réfléchir aux objectifs et à la forme pour le moment et de se concentrer sur l’organisation d’activités bien précises qui permettront de gagner du temps et d’avancer rapidement sur le projet.

Les étapes qui lui semblent les plus urgentes sont :

i-     De réfléchir à qui il faut contacter en premier: les chercheurs en sciences sociales de manière générale ou des instances préexistantes ? Il propose de contacter d’autres réseaux qui ont déjà une certaine audience et d’en discuter avec eux.

ii-   Collecter des données sur les populations cibles

iii-   Créer un site web pour lancer une discussion autour du contenu et de la forme que devrait prendre le réseau.

iv- Organiser un événement (un colloque, un meeting, un forum…) qui permettra à la fois de réaliser un premier projet et de lancer une certaine dynamique.

Ainsi, il insiste plusieurs fois sur le fait qu’il faudrait laisser aux choses une certaine souplesse : axer sur les activités concrètes pour le moment en abordant tous les autres aspects (objectifs, forme etc.) avec plus de souplesse. Cela permettra non seulement de gagner du temps, de concrétiser le projet plus rapidement mais aussi d’être plus démocratique vis-à-vis des populations cibles.

Enfin, Kh.Louhichi réitère l’intérêt de la Ligue arabe pour ce projet que cette dernière  soutiendra avec les moyens qu’elle a à sa disposition en proposant de travailler dès maintenant pour préparer une grande rencontre internationale au Caire.

6- Déjeuner

Pendant le déjeuner, un certain nombre de décisions ont été prises :

1-     Élaboration de la Charte : A.Ben Hafaiedh et S.Mejri se sont portés volontaires pour élaborer un premier draft qu’ils feront circuler par la suite

2-     Réalisation d’un état des lieux « chercheurs expatriés et structures de recherche existantes » : A.Latreche et S.Elamdouni se chargeront de ce volet.

3-     Agenda et liste de thématiques : S.Mejri élaborera une liste de thématiques qui pourront faire l’objet de rencontres et de projets scientifiques prochains.

Il a été décidé que tous les chantiers devront être engagés simultanément.

La perspective fixée: organiser une première grande conférence fin 2009. D’ici là, il est déjà possible d’impliquer les gens dans des projets en cours et d’organiser des réunions intermédiaires. Au même titre que le programme MERC et la ligue arabe ,S.Mejri propose d’engager son équipe en Tunisie pour l’organisation d’une rencontre scientifique prochaine.

 

 
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